Ar(t)chitectures remarquables du quotidien à Seyssins !

Ar(t)chitectures remarquables du quotidien à Seyssins !

24/09/2026 Pédagogie

Grâce aux regards croisés d’un architecte du patrimoine et d’une illustratrice carnettiste, des élèves ont bénéficié d’une approche plurielle sur deux bâtiments remarquables de leur quotidien : le collège Marc Sangnier (1979) de Joseph Belmont  et la résidence d'artistes Saint-Ange (2015) d’Odile Decq.

Deux lieux, deux visions de l’Architecture radicalement opposées que les élèves ont su capter et restituer dans un carnet de voyage comme trace de leur expérience…

A l’occasion des Journées Portes Ouvertes du collège Marc Sangnier, enseignants et élèves s’affairent pour les derniers préparatifs. Cette édition est particulière… La thématique de l’Architecture proposée initialement à deux classes de 5ème a fait boule de neige pour investir l’architecture dans tous ses états !

Croquis, maquettes, cartes postales, plans, poésie se sont exposés dans l’ensemble de l’établissement…

Ce projet rentre dans le cadre du contrat éducatif Isère Collégiens, financé par le Département de l’Isère.

« Cette aventure a été enrichie par l’investissement de nombreux enseignants dans une véritable démarche interdisciplinaire : M. Chauvet, en technologie, pour la réalisation des maquettes du collège idéal, Mme Pichoud, en EPS, pour la création d’une chorégraphie inspirée des architectures étudiées.

Également Mme Tricot, en éducation musicale, pour le travail de création sonore réalisé à partir des sons du collège. Mme Amstatt, professeure documentaliste, qui a initié les élèves à l’univers du carnet de voyage. M. Grass, en histoire-géographie-EMC, pour son travail autour de l’architecture et du territoire et Mmes Perrin, Mouz et Josserand, pour les productions d’écriture réalisées à partir des œuvres découvertes lors de la visite de la Résidence Saint-Ange.» 

Mais revenons au départ du projet grâce à l’initiative de Madame Peiffer, enseignante d’arts plastiques.

« ...Ce projet né d’un désir simple, inviter les élèves à porter un regard attentif sur les lieux qu’ils côtoient chaque jour et découvrir l’architecture comme une composante essentielle de leur environnement, de leur culture et de leur patrimoine,  a été une véritable réussite s’inscrivant pleinement dans le parcours d’Éducation Artistique et Culturelle (...)

… Au fil de cette aventure, les élèves ont découvert que l’architecture est un art vivant qui fait pleinement partie de notre quotidien, questionné les espaces qui les entourent et a permis à chacun de développer son regard, sa curiosité et sa sensibilité artistique. » 

Quelques ingrédients bien préparés…

•      Un parcours architectural d’1 kilomètre…

•      Deux architectures distantes de 35 ans. Le collège Marc Sangnier, exemple de l’architecture moderne, de la trame constructive et du béton préfabriqué. Et une architecture-sculpture en bois asphalté dédiée aux arts plastiques contemporains, la résidence Saint Ange.

•      Une démarche mêlant observation, expérimentation et création langagière, technique et artistique.

•      Un projet pédagogique interdisciplinaire permettant aux élèves de se familiariser avec sensibilité et poésie à l’environnement du collège. 

Des intervenants très complémentaires…

Alice Quistrebert, artiste illustratrice carnettiste et Philippe Grandvoinnet, architecte du patrimoine et historien de l’architecture spécialiste du XXème siècle...

L’apport de leurs regards et compétences complémentaires a éclairé les élèves pour comprendre et raconter leur environnement proche avec de la connaissance et de la sensibilité.

Madame Peiffer nous explique comment est née l’idée d’un projet en architecture pour cette année ?

« En tant que professeur d’art plastique, on peut toujours essayer de parler d’architecture, mais il est très intéressant pour les élèves de parler avec des professionnels. C’est pour ça que je suis passée par le CAUE pour avoir un professionnel architecte qui puisse venir parler avec eux.

Et pour le côté artistique , j’ai fait venir aussi une artiste carnettiste pour pouvoir effectivement mêler les deux. .. L’envie a été de voir comment ces deux disciplines peuvent se croiser pour enrichir un voyage au cœur de l’architecture, en carnet de voyage... »

Les intervenants nous partagent l’avis sur leur duo…

PG : « Moi ce que j’ai trouvé intéressant d’articuler Art et Architecture dans ce projet avec les élèves, c'était vraiment de prendre en compte la dimension culturelle de l'architecture qui je pense est un élément très important, à la fois dans la discipline quand on est professionnel mais aussi pour les usagers. Et qu’on ne la met peut-être pas assez souvent en avant. C’est-à-dire que l'architecture ce n’est pas seulement des usages, ce n’est pas seulement quelque chose de pratique ou de technique ; ça l’est aussi, mais ce n’est pas seulement ça.

Et en travaillant ensemble avec Alice, les élèves ont vraiment perçu ces deux architectures qui en plus étaient radicalement différentes ; une très rigoureuse dans la tradition moderniste qui est le collègue et l'autre beaucoup plus plastique, presque sculpturale, qui est le projet d’Odile Decq.

Et ils ont vraiment ressenti, dans l'un comme dans l'autre, avec des outils différents, la façon dont la dimension artistique, culturelle, était présente. Et comment on pouvait s'en emparer, l'apercevoir et peut-être aussi regarder tout type d'architecture, sous un filtre culturel. 

C'est ce qui, je pense pour eux, est une approche intéressante et complémentaire aussi d'ailleurs, de ce qu'ils ont pu faire avec les autres enseignants d'autres disciplines dans le collège. Ils les ont fait aussi regarder sous d'autres filtres ces architecture parce qu'il y a eu des interventions en technologie, en français, en histoire.

Je trouve qu’il y a eu une belle complémentarité dans les approches»

AQ : « De mon côté, je parlerai de sensibilité par rapport au lieu, qui est ce que j'essaie d'explorer avec les élèves quand on fait des carnets de voyage. Là, on a pu aller encore plus loin, j'ai cette impression. Je pense à la technique. Moi, je leur ai fait travailler le dessin d'observation, mais je ne rentre jamais dans du dessin de perspectives, ou d’autres représentations aussi techniques que ça. Et j'ai vu qu'il y avait vraiment une grosse plus-value, parce que ma séance a suivi la sienne et c'est des choses qui ont pu être remobilisées par la suite. Les élèves ont vraiment eu le temps d'intégrer des éléments techniques et puis après de pouvoir les retravailler de façon sensible, tant au collège que quand on s'est rendu à la résidence Saint Ange où je leur reparlais de dessins d'observation et en fait ils me parlaient de point de ligne de fuite !

Je me suis dit ; ah c’est chouette, il y a des choses qui sont restées.

Et dans la restitution, je trouve aussi que c'est très parlant, c’est quelque chose que je n’avais jamais exploré. Je suis habituée à travailler plutôt le format imprimé, la forme du carnet et là du coup, ils ont exploré le volume ! Je trouve que ça apporte au carnet une dimension vraiment intéressante, avec à la fois les maquettes mais aussi les façades superposées.

Donc ça enrichit beaucoup ce à quoi je peux être habituée. »

Aborder l’architecture n’est pas chose facile avec des collégiens. Philippe Granvoinnet nous parle de sa manière d’amener les élèves à comprendre deux architectures très différentes, l’une moderne, l’autre contemporaine…

PG : « Pour l’architecture moderne du collège, qui est assez stricte, l’entrée est plus complexe. Elle s’est faite par le biais du plan. Il s’agit d’un outil assez complexe, mais à leur âge, ils sont capables d’appréhender cette lecture.

Nous avons commencé par une déambulation au sein du collège pour apprendre à se repérer dans le plan et à s’orienter ; où est le nord, etc.

Ils ont pu en parallèle faire une entrée plus technique en abordant des notions de vocabulaire spécifique et de techniques constructives ; comme les panneaux de façade, la préfabrication, mais également de matières par des frottages de matières ; bois, béton…

Nous avons observé comment était conçu le collège.

Ils ont alors découvert le concept de « trame » assez typique des années 70.

Pour ce qui est du collège, il comporte une double trame ; celle structurelle et celle des façades, avec des vides, les patios.

 

Ensuite, les élèves se sont mis dans la peau d’un architecte pour concevoir leur collège idéal en partant d’une trame vierge et en respectant des consignes précises.

Ce travail a fait ressortir une grande inventivité de la part des élèves. Certains projets étaient très réussis. 

Pour ce qui est de la Résidence St Ange, ce bâtiment contemporain a une connexion directe avec l’art de part son architecture très plastique. Les élèves ont pu alors plus facilement se relier aux dimensions artistiques et se questionner au sujet de l’artiste et de l’architecte.

Lors de la visite, ils ont même pu vivre en direct une résidence d’artiste/architecte, en travaillant sur une maquette pour concevoir une résidence d’artiste au sein même de la résidence St Ange !

Ce projet aura été comme un voyage même si les collégiens n’ont pas quitté leur commune, fait de rencontres, de visites, de souvenirs partagés. Qu’est-ce qui a aussi changé pour eux ?

PG : « ...d’une manière générale, leur regard sur le métier est aujourd’hui différent. Prendre conscience que le collège a été conçu par un architecte a aussi changé leur regard sur cette architecture.

Pendant le projet, un travail sur la perspective a aussi été fait, en observant leur classe, avec quelques règles simples : repérer la ligne d’horizon, le point de fuite.

Cela change forcément leur regard.

L’artiste Alice leur a fait faire en parallèle des croquis pris à vif. Le passage de l’un à l’autre a été très complémentaire. Ils n’étaient pas enfermés dans un schéma.

Ils pouvaient appliquer les règles dans l’un et dans l’autre.

En résumé pendant le projet, les élèves ont pu se mettre dans la peau d’un architecte en dessinant leur collège idéal, puis d’un artiste/architecte en imaginant une résidence d’artiste en maquette. »

Au final les carnets de voyage ont été affichés présentant la diversité des souvenirs que les collégiens garderont de leur première expérience architecturale.

Le projet Architecture au collège a été enrichi par un autre temps fort :

Visite de l’exposition “Les mémoires tissées” de Laure Abouaf et Tatiana Bailly présentée par le service culturel de la ville de Seyssins et de Seyssinet-Pariset à l’espace Montrigaud de Seyssins.  L’exposition a été réalisée en collaboration avec le Rize, Institut de Mémoires et d’Archives de la Ville de Villeurbanne, pour constituer une vision sensible du territoire (quartier de la Perralière). Photographie, broderie et technique mixte (novembre 2025) 

Un projet Isère Collégiens 2025-2026, soutenu par la DRAC AuRA.

Nos vifs remerciements à Madame Colette Tornier qui a aimablement ouvert la résidence Saint Ange de Seyssins aux collégiens et leur a permis d’accéder à de nombreux documents sur les artistes et sa collection.

Une sélection des productions réalisées sera montrée lors de l’exposition collective en début d’année 2027, au CAUE de l’Isère : Architecture au collège – 20 ans de projets avec le CAUE de l’Isère

Intervenants et partenaires de ce projet à Seyssins :

•               Alice QUISTREBERT « Alice Raconte » : artiste-autrice   https://aliceraconte.com/

•               Philippe GRANDVOINNET : architecte du patrimoine et historien de l’architecture. Spécialiste du XXe.

•               Laëtitia FAYS : Chargée de développement culturel de la ville de Seyssins.

•               Colette TORNIER : présidente de la Résidence Saint Ange https://residencesaintange.com/

•               Isabelle Berruyer : responsable de l’espace pédagogie du Conseil d’Architecture d’Urbanisme et d’Environnement de l’Isère (CAUE).

•               Eve Feugier, Professeure relais Architecture pour la DAAC. 

Enseignants :

•               ARTS PLASTIQUES : Elodie PEIFFER/ enseignante référente

•               LETTRES : Jennifer DE ALMEIDA, Christelle JOSSERAND, Camille KESSLER, Isabelle MOUZ, Lydiane PERRIN, Céline TARTAVELLE.

•               HISTOIRE/ GEO/ EMC : Raphaël GRASS

•               TECHNOLOGIE : Bruno CHAUVET

•               DOCUMENTALISTE : Hélène AMSTATT

•               PHYSIQUE/CHIMIE : Aline SIMON 

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